[Kronique VGLP, numéro kriska]
Rude Boys Festival Unity, part 2 (Cria Cuervos, Klasse Criminale, Los Fastidios, Bolchoï, Sin Dios)
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A la fin de la première partie, nous avions laissé nos héros le jeudi, à la sortie de l'Usine, où ils venaient d'assister à la première soirée de concerts dont Conflict venait de faire la clôture.

Sortie de concert, passage à la douane afin de regagner nos pénates dortoirs. Je n'avais pas ma carte d'identité, les douaniers se faisaient chier grave ; on étaient fait pour s'entendre.
Après avoir soigneusement fouillé mes mouchoirs pleins de morve (bien fait pour sa gueule), et m'avoir demandé quatre fois où je bossais (uniquement pour m'emmerder, vu que je bosse à Paris et ma bagnole est immatriculée à Toulouse ce dont il ne s'est même pas étonné, et de toute façons il m'a même pas demandé la carte grise ni rien... bref ces douaniers, c'étaient juste une paire de burnes tristes à mourir et chiantes comme la pluie qui n'a pas arrêtée de tomber sur la Suisse ce putain de weekend ! !), le plus grand (si je manquais d'r, j'aurais volontiers mis un l) des deux s'en est pris à ma liste de course, des fois que paic citron soit le pseudo d'un dealer de crack..
Comme on n'a pas eu droit à l'alcootest on a pu repartir tranquilles se pieuter dans not' bon pays.

Nous voici donc le vendredi. Ce coup-ci on arrive pas trop tard. Il est un peu avant 18h. Et les portes sont closes. Meeerdeee.. c'est reparti pour un tour. La veille on eu les billets pour ce vendredi soir, on attendait donc devant l'entrée principale qu'on daigne nous tamponner et nous laisser entrer.. mais non crève.. ou plutôt chope la crève ! ! Il est écrit que tu dois poireauter deux heures sous la flotte, alors tu fermes ta gueule et tu poireautes tes deux heures sous la flotte ! ! L'avantage quand il pleut, c'est qu'on évite les djumbés et autres casse-coulles amateurs, mais c'est quand même un bien maigre avantage, quand on doit subir cette foutue flotte qui n'arrête que pour repartir de plus belle trois minutes plus tard. Dans la foule, des belges s'impatientent, des espagnols commencent à gueuler, un anglais tambourine à cette porte qu'ils ne veulent pas ouvrir. La plupart des gars présents ont déjà leur billet et n'attendent que le coup de tampon... enfin bref, ils finissent par ouvrir les portes vers 19h30... que cela plaise ou non, cette partie de l'orga était vraiment à chier. Point final sur le sujet.

Une fois à l'intérieur, évidemment, ça va mieux, les concerts s'enchaînent, et le peuple débarque en masse. Vraiment beaucoup de monde.. on a du mal à se croiser dans les couloirs !

Jetons un oeil aux concerts... mauvaise surprise, Cria Cuervos joue en même temps que Bolchoï. Ah oui, ça aussi, c'est un peu dommage ; au lieu de décaler les arrivages de groupes sur les deux scènes, ils les ont planifiés en même temps. Donc j'ai raté la fin de Cria Cuervos et le début de Bolchoï. Un peu les boules, mais l'essentiel c'est que les deux groupes avaient du public, donc tout baigne.
Cria Cuervos pour commencer. Je ferais juste une remarque, ce serait cool qu'elles peaufinent un peu les textes qu'elles balancent entre les morceaux, car ça fait retomber la pression et ça nuit un peu à l'ensemble du set. Car sinon c'est vraiment carton. Pour ceux qui connaîtraient pas Cria Cuervos, mais auraient déjà vu Sin Dios, et bien les cria cuervos c'est Sin Dios version féminine et française. Et ça le fait bien, Géraldine la bassiste kochizoide bouffe littéralement la scène, elle saute partout elle déconne... l'ensemble est bien enragé , bien rentre-dedans.. voilà un groupe qui fait plaisir à voir ! !
Petite remarque, j'étais mort de rire, dans le public, le premier rang était composé de gonzesses qui ne supportaient pas le pogo ! Elles jetaient des regards noirs de chez noir aux punks qui pogotaient derrière elles. Méchantes et tout, avec des phrases du genre « vous arrêtez maintenant ! » que n'auraient pas reniées des mecs de la sécurité. Des filles qui viennent voir un groupe anarcho-punk et qui supportent pas le pogo ; c'est vraiment des têtes à claques. Mais bon, comme les punks qui les agaçaient m'avaient l'air de vrais cons, ça compense !

Avant la fin du set -j'ai donc raté « trève de comptoir » zut-, j'ai filé voir Bolchoï qui arrivaient eux aussi en fin de set.
Bon, alors là, Bolchoï, ils jouaient à la maison. Le public était entièrement conquis, acquis à la cause neuski toulousaine... le Nono s'est fendu d'un « et maintenant un morceau que vous connaissez tous » .. ah une reprise ? Non non, un morceau de Bolchoi himself... et effectivement une bonne partie du public connaissait. C'était « Hier, Aujourd'hui et demain »


Jonglant entre le Kab et le Zoo (les deux scènes, une à l'étage une au rez-de-chaussée), on a pu voir Social Combat.Un bon groupe de Punk Hardcore espagnol. Bien motivé, bien péchu. Et Klasse Kriminale, du street punk Italien. Bon alors là , Klasse Kriminale.. eux aussi c'est des vedettes. A peine arrivé sur scène que le chanteur -et seul membre historique du groupe- se jetait sur la foule en délire. Donc ça cartonne, c'est anti-fasciste, c'est italien, c'était un super moment.

Arrivent ensuite les Los fastidios. Là encore, groupe culte chez les Rude Boys, alors ça le fait immédiatement. Karaoké dans la foule. Foule en délire. Délire total. Total fina.. et finalement c'est carton de chez carton. Quand en plus ce genre de groupes aime bien les hymnes, ça prend des allures de meetings antifa. Skinhead et oï a tous les étages ! ! Oï brother (comme on dit chez les frères Cohen) !

S'en suivent les Angelic Upstarts, groupe historique et gros de la scène anglaise. Je ne connais pas bien tous ces groupes, mais j'ai comme l'impression que les Angelic avaient quelque chose soit a mettre au point soit à se faire pardonner. Le chanteur n'arrêtait pas de répéter« Ouéé tant qu'il ya aura des fascistes il y aura Angelic Upstarts ».. ou bien « Angelic upstarts a toujours été un groupe antifascistes la preuve sur notre album il ya un morceau qui s'appelle antinazi »... et bla et bla et bla.... à mon avis les rude boys version angelic upstarts ont pas toujours été très clairs, et il ya de la rémission dans l'air... enfin c'est l'impression que ça donne..

Et puis on finira avec Sin Dios. Putain de claque ! Drapeau rouge et noirs, frappés de la CNT-AIT ! Sin Dios débarque et balance un putain d'anarcho punk hardcore qui te cloue sur place. C'est le dernier groupe du festival et c'est de loin le meilleur. Un morceau dédié aux anarchistes réprimés, un autres aux prisonniers politiques. Autant Conflict m'avait laissé perplexe, autant Sin Dios m'a scotché. Chaque morceau est expliqué, on comprend pas tout, mais les mots claquent, on saisi parfaitement l'esprit. Bref, on prend du décibel engagé à deux cent pourcent, et ça fait un bien fou !
Dommage qu'ils aient du abréger leur set ; visibelemnt le quota horaire était dépassé. Petit clin d'oeil, le chanteur a annoncé : "c'est le dernier morceau...", et ils en ont aligné trois ! On se demande bien qui va oser aller leur faire des reproches...

Sur le chemin du retour, à la douane, il n'y avait personne. C'est dommage, je m'étais préparé pour la fouille ; j'avais un mouchoir encore plus gluant que la veille..

abFab
11 novembre 2002

Chronique de la journée de vendredi du festival "Rude Boys and Girls Unity" (édition 2002), jouroù jouait Bolchoï. Article extrait du site web du zine La Zone Punkaotique / Parapet http://parapet.lautre.net/punkaotique.