Vendredi 7 Février 2003 - Pas loin de 8 heures ni d'Esquirol
- Toulouse - "Ingobernables" s'arrête dans l'autoradio
de Léonard Michalon.
Il
sait qu'il est à la bourre Léonard. Faut dire que
les concerts qui débutent à l'heure où d'habitude
on hésite entre une bière ou un pastaga, ça
le perturbe. Alors il se magne le cul bordel parce qu'il veut pas
rater ZI concert OI de ce début d'année. C'est chez
Mix'Art Myris comme on dit par ici, et c'est BOLCHOÏ qui joue,
avec un groupe espagnol, OCPIO K-95, et les bordelais de LOS FOIROS.
L'organisation, c'est Rude Boy Connexion (SkaWar et consorts).
"
Quelques punks, quelques chiens occupent déjà l'entrée
de Myris quand j'arrive sur les lieux. Le concert n'est pas encore
commencé, il aura lieu dans la salle du bas, je crois que
c'est l'ancien réfectoire. Petite précision sur Mix'Art,
c'est un collectif d'artistes qui occupe l'ancienne préfecture
de Toulouse, il s'y organise des concerts, des expos, du théâtre,
bref un lieu d'expression un brin " alternatif " voyez-vous.
Parait-il qu'ils vont encore bénéficier d'une interdiction
de la mairie d'ailleurs, y en a qui les collectionnent j'vous jure
! Il faut vous dire Monsieur qu'ici c'est quand même Double-ecstasy
le patron ! C'est peut être pour ça que les concerts
se multiplient ces temps-ci, vaut mieux en faire tant qu'on peut.
En plus les voisins n'aiment pas trop le bruit après minuit,
donc concert-tôt fini-tôt.
Comme d'habitude l'entrée est à prix libre. Il y a
déjà du monde en bas, le bar est ouvert (Bière
à 1euro 60), le stand des espagnols nous propose plein de
beaux ticheurts pour enrichir notre garde robe Rude Boy, mais pas
fourni coté skeuds, dommage.
Enfin
3 types montent sur scène. Bonsoir on est LOS FOIROS on vient
de Bordeaux. Et puis ils commencent à nous faire une espèce
de reprise des bérus que j'ai eu du mal à reconnaître
si ce n'est le refrain, qui évoquait des buch'rons. Bon faut
vous dire aussi que c'est batterie-guitare-chant, au timbre bien
oï. Look redsk, un grand gratteux bonnet et ticheur agnostic
front, rien de grave. La posture est très statique, c'est
sûrement du aux lignes d'accords, faut pas se tromper. Ca
joue a peu près carré, mais un peu lent, voyez-vous,
façon Oï Oï bien lourde, et le répertoire
fait un peu karaoké : du béru en veux-tu ? ben en
voilà ! du trotskids, et hop ! Ca chante à tour de
chant dans le public peu nombreux en ce début de concert
mais qui commence à s'agiter quand arrive If the Kids (oui,
oui, en anglais s'il vous plait !). Et allez, on refait du béru
on a pas peur mais on prend quand même les paroles pour suivre
parce que putain font chier ya trop de texte ! Arrive le temps du
dernier morceau, le chanteur nous dit que c'est un morceau pour
leur bassiste qui a pas pu venir (Tiens ! En fait y en a un. C'est
dommage c'est plus rigolo comme ça) et qu'il porte des strings
! - OK. Si tu veux ! - Jusqu'ici c'était à peu près
normal. Et sur l'air de " elle descend de la montagne à
cheval. Oh ! Hé ! " ils nous font " J'ai le string
qui me rentre dans le cul. Oï ! Oï ! ". ! ! ! Il
faut le voir pour le croire ! En plus le chanteur n'a pas changé
de posture ! Et oui Jules-Edouard, c'est proprement hallucinant
! Ici à Toulouse, la Oï, … c'est la grosse déconne
!
En tout cas pour commencer c'était quand même marrant.
Quelques
bières se passent et nous, nous passons aux choses sérieuses
: BOLCHOÏ. Je les ai vus qu'une fois, au RudeBoyFest, et ça
m'avait pas mal plu.
Ils investissent la scène et commencent à envoyer
leur oï efficace dans la gueule des gens qui sont majoritairement
venus pour les voir à eux. Je crois bien que nous avons là
2 membres de SkaWar (LE groupe Ska toulousain). Evidemment ça
pogote à fond dès le début et ça connaît
les paroles par cœur (surtout "Branleur", j'ai l'impression).
Heureusement car on n'entend pas trop la voix de la chanteuse ,
et elle non plus sans doute vu comment on la voit gueuler et devenir
toute rouge en chantant. Dame Technique a visiblement décidé
de faire chier le groupe ce soir, ça foire de partout : on
n'entend plus la guitare du gratteux-chanteur, les micros chant
déchantent, le public le déplore et le groupe aussi.
Bon, on arrête de jouer, on fait des essais, on re-balance
un peu, le sonorisateur court partout, c'est un peu la pagaille.
Là, le chanteur nono propose aux gens d'entonner avec lui
une espèce de chant dont soi-disant " vous connaissez
les paroles ". Et effectivement, on se croirait dans une manif.
Ca braille l'Internationale … pour meubler les défauts
de la technique ! Puis comme ça traîne certains invitent
gentiment le chanteur à se dévêtir. Faut dire
que Costes était sur la même scène la semaine
dernière et ça a laissé des traces (Non pas
sur les murs, gros dégoûtants !). Mais il ne cède
pas devant la pression et Bolchoï reprend les armes pour finir
leur set avec un son pas terrible en façade mais on est quand
même contents d'entendre Hier Aujourd'hui Demain, et même
Branleur une autre fois. Ils finissent en laissant le public chaud
bouillant à leur collègues d'outre Pyrénées.
Je pense que c'était pas un super concert pour eux au vu
des incidents techniques mais ils ont réussi à bien
faire passer leur truc. Finalement j'aime bien ça, Bolchoï.
Chantant, militant, c'est pas lourdingue du tout pour le style.
Pourtant j'avais par gavage de mou street-punk-oï un peu laissé
tombé ces derniers temps mais là c'est bien descendu
! D'ailleurs puisque vous en parlez je vais essayer d'atteindre
le bar, me faufiler entre les soiffars keupons, skins, " a-look
" et autres amateurs de binouze. Ce soir il y a pas mal de
reds bien tatoués, bien caustauds, des keupons, tous plus
ou moins abonnés aux concerts bruits, la salle est quand
même bien remplie.
Et
ce qui devait arriver arriva : Je me rate le début du troisième
groupe. Divers discutages puis pissages, re-tatchages et re-pissages
(Bah oui ! Votre Léonard c'est pas une exception dans la
règle de l'évacuation). Mais moi au moins je n'ai
pas cédé à la facilité de faire ça
dans les innombrables lavabos que compte l'ancienne préfecture,
non monsieur ! Certains ne peuvent pas en dire autant. A ce propos,
messieurs, savez-vous que ANARCHIE peut s'écrire aussi avec
un markeur ? Petits salopiots !
Allons voir ce qui se passe sur la scène plutôt. OCPIO-K-95
balancent un street-punk de fort bonne facture, avec ce qu'il faut
de oï, de chœurs, de riffs de base et même de solos
de guitare (Oah il fait même du taping hé !). Le tout
est plus que carré, compos originales, chant en espagnol
(j'adore !). En castillan et beaucoup en catalan, un peu en anglais
aussi. On peut noter les cœurs du bassiste très présents.
La fille du stand vient même leur prêter voix forte
sur un morceau. Tout le monde reprend en cœur "Oï
! per Catalunya Oï !". Mais tout ça est obligé
de finir vers les minuit bicose les voisins sont sympas mais faut
pas pousser. On nous invite donc à sortir dans le silence
et le respect, et c'est pas facile pour les organisateurs qui doivent
éviter le squattage de la rue en haut.
On doit donc aller discuter de oï, de redskin et de chef d'entreprise
ailleurs devant une bière, la dernière, celle du bilan
à 2 balles. On y reviendra demain à Myris, ya La Fraction
qui joue".
Et
Sin Dios repart donc dans l'autoradio de Léonard Michalon
et Léonard Michalon repart dans sa voiture qui, décidément
c'est une manie, s'est encore garée trop loin !